Une plus grande liberté pour améliorer la croissance



Au Forum économique mondial (WEF, World Economic Forum) de Davos, la chancelière fédérale Angela Merkel a exhorté à instaurer un nouvel ordre juridique adapté à l'économie mondialisée. Pour cela, il lui paraît essentiel de renforcer les organisations internationales. Elle a également plaidé pour une plus grande liberté dans les pays industrialisés, concernant aussi bien les systèmes économiques nationaux que le commerce international.

Faisant référence au mot d'ordre de Davos 2006, "The Creative Imperative", qui donne la priorité à la créativité, la chancelière fédérale a déclaré: "Aujourd'hui plus que jamais, qui parvient à s'affirmer dans la compétition des idées est également en mesure de forger son avenir". Comme personne ne peut bien entendu vivre uniquement de ses idées, il faut que celles-ci se traduisent par des actes concrets, a-t-elle toutefois fait remarquer.

Mme Merkel est convaincue qu'une nouvelle liberté est indispensable dans les pays industrialisés. "Il nous faut", a-t-elle déclaré devant les chefs d'État et de gouvernement et au moins 700 dirigeants d'entreprise et scientifiques réunis à Davos, "une plus grande marge de manœuvre, plus de liberté, non pas dans le sens de libération, mais dans celui de la liberté d'entreprendre".

Selon la chancelière, le rôle de l'État à l'heure actuelle est avant tout de créer un environnement qui favorise la créativité et l'activité des entreprises. À cet égard, elle a cité Ludwig Erhard, ancien ministre allemand de l'économie et chancelier fédéral, qui disait que le lien entre liberté et responsabilité demande à être structuré.
Confirmer la réussite du modèle de l'économie sociale de marché


Nous devons et nous voulons faire face à la concurrence", a déclaré Mme Merkel, car c'est le seul moyen de confirmer la réussite du modèle de l'économie sociale de marché.

La chancelière allemande a annoncé que le gouvernement fédéral allait se débarrasser des lois et réglementations anciennes. Pour cela, elle a l'intention de créer dans son pays un conseil de contrôle des normes qui sera
chargé de supprimer les "blocages que nous avons nous-mêmes causés". À son avis, de nombreuses règles ne font qu'apporter une sécurité trompeuse. Mme Merkel veut également s'engager à l'échelon européen pour moins de bureaucratie.

"Dans les dix ans à venir, je voudrais voir l'Allemagne retrouver sa place parmi les trois premiers pays du monde dans les domaines de la croissance, de l'emploi et de l'innovation", a déclaré la chancelière, avant d'ajouter que toute l'économie européenne en profiterait. Dans les pays à haut niveau social et aux salaires élevés, l'essentiel, à son avis, est d'investir dans la recherche et le développement. Elle a donc réaffirmé l'objectif du gouvernement fédéral, qui est de consacrer à ce secteur 3 % du produit intérieur brut (PIB) allemand à l'horizon 2010.

Un nouvel ordre juridique pour un monde nouveau

Une société industrielle qui se transforme en une société de la connaissance pose en outre, selon Mme Merkel, la question suivante: de quel ordre juridique ce monde nouveau doit-il être doté? Elle craint que de graves distorsions sociales ne nous attendent si nous sommes incapables de donner une réponse cohérente à cette question. Le rôle de la politique est aujourd'hui d'intervenir là il faut et de cesser d'intervenir à temps, a-t-elle affirmé.

Mme Merkel a également exposé devant le Forum la stratégie adoptée par son gouvernement pour relancer l'économie en Allemagne: réduire la bureaucratie et simplifier la législation tout en pratiquant une politique fondée sur de bas coûts salariaux indirects devrait permettre d'améliorer la situation de l'emploi en Allemagne et au sein de l'Union européenne (UE). Selon la chancelière, "la croissance est nécessaire à l'emploi, et la liberté à la croissance".

Une dimension internationale pour l'économie sociale de marché

Mme Merkel a ajouté qu'il ne suffisait pas de continuer à développer les systèmes économiques et sociaux nationaux, la mondialisation et la cadence des marchés exigeant aujourd'hui une "dimension internationale de l'économie sociale de marché".
Pour la chancelière allemande, ceux qui ne profitent pas des bienfaits de la mondialisation la ressentent à juste titre comme une
menace. Il s'agit donc avant tout de regagner la confiance des populations dans la capacité de la politique à favoriser la créativité. La "nouvelle économie sociale de marché" signifie pour elle s'engager à façonner la mondialisation.

La responsabilité des pays industrialisés

La chancelière a rappelé sur le ton de la critique qu'il incombait en tout premier lieu aux pays les plus riches de gérer les défis internationaux. Alors qu'ils ne représentent que 20 % de la population mondiale, les pays industrialisés consomment en effet 70 % de l'énergie de la planète. C'est pourquoi il est de leur devoir de se préoccuper d'une politique énergétique internationale durable.

La chancelière fédérale a annoncé par ailleurs que l'Allemagne avait l'intention l'année prochaine, quand elle exercera la présidence du G8, d'aider à trouver des pistes pour instaurer un régime de la concurrence à l'échelle internationale. Elle est convaincue que les institutions internationales jouent un rôle majeur à cet égard et qu'une stratégie concertée entre l'Organisation mondiale du commerce (OMC), l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), la Banque mondiale et d'autres organisations multilatérales est nécessaire dans l'intérêt d'un commerce mondial libre et équitable et pour le développement des pays pauvres et des pays les plus démunis.

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